Chaque année le 2 février, nous célébrons la Journée mondiale des zones humides pour commémorer la signature de la Convention sur les zones humides, le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar, au bord de la mer Caspienne. Chaque année depuis 1997, des organismes gouvernementaux, des organisations non gouvernementales et des groupes de citoyens à tous les niveaux de la société profitent de l’occasion pour lancer des actions de sensibilisation du public aux valeurs et aux avantages des zones humides en général, et de la Convention de Ramsar en particulier.
2013 est l’Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau et, de ce fait, une occasion idéale pour Ramsar d’examiner le lien entre l’eau et les zones humides.
Qu’est ce qu’une zone humide ?
Les zones ou milieux humides sont des étendues d’eaux peu profondes, permanentes ou temporaires. L’eau peut y être stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée. Ainsi, elles prennent la forme de nombreux paysages caractéristiques, tant en métropole sous la forme d’estuaires, de lagunes, d’étangs, de marais, de tourbières, de prairies humides, de ripisylves, qu’en outre-mer sous forme de lagons, de mangroves, de récifs coralliens et de forêts humides. Pour ces raisons, la définition et la délimitation des zones humides sont complexes et nombreuses, et souvent matière à controverse.
Toutefois le code de l’environnement et la convention de Ramsar ont adopté une définition des zones humides. Selon le code de l’environnement, les zones humides sont des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». (Art. L.211-1). La convention de Ramsar défini les zones humides de manière plus large . Ce sont « des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres ». (Source Wikhydro.org: Charlotte Mucig – CETE de l’Est – Laboratoire Régional des Ponts et Chaussées de Nancy) Photo: Marais de Drugeon, France
Entre le Moyen-Age et le XVIIIème siècle les zones humides sont des zones de maraîchage et servent également à l’ »industrie » : rouissage du lin et du chanvre (Photo), tannage du cuir. Elles servent également de défense naturelle, à tel point que l’édit d’Henri IV qui prévoyait l’assèchement des marais demandait le maintien de ceux qui avaient une utilité stratégique. Enfin, elles peuvent aussi avoir une fonction sacrée. Au XVIIIème siècle apparait la volonté de dominer la nature et de nombreux travaux hydrauliques sont entrepris pour maîtriser les eaux. À cette même époque, les zones humides sont jugées responsables de toutes sortes de maladies. La lutte contre les zones humide revêt alors une dimension hygiéniste.
De fait, sous la conjonction des trois facteurs suivants: l’intensification des pratiques agricoles et l’élevage extensif, l’expansion d’aménagements hydrauliques inadaptés, les opérations d’assèchement et de drainage, et la pression de l’urbanisation et des infrastructures de transport, près de 67 % de la surface des zones humides a disparu.
Longtemps mal connues, elles ont longtemps été considérées comme des terrains improductifs et sans intérêts. La prise de conscience des rôles des zones humides commence en 1975 avec la création du Ministère de l’Environnement. (Source Wikhydro.org: Charlotte Mucig – CETE de l’Est – Laboratoire Régional des Ponts et Chaussées de Nancy)
Aujourd’hui les zones humides se retrouvent au cœur de l’actualité. Déjà, depuis la signature de la convention de Ramsar le 2 février 1971, chaque année, à cette date, nous célébrons la journée mondiale des zones humides. Ainsi cette date est l’occasion pour lancer des actions en faveur de ces espaces. En 2011, à l’occasion des 40 ans de la convention de Ramsar, le ministère du Développement Durable a lancé un appel à candidature pour sélectionner le territoire qui accueillera le futur parc national de zones humides prévu par le second plan national zones humides.
D’autre part, le cabinet du Ministre de l’Écologie a lancé le 9 novembre 2010 le Plan « Restaurer et valoriser la nature en ville » (format PDF – 9.7 Mo) (et ses Annexes (PDF – 3657 Ko) dont le but est de permettre à la ville de s’adapter au changement climatique, de réduire ses rejets, d’avoir une meilleure maîtrise du ruissellement, d’y maintenir de la diversité biologique, etc. Une des actions de ce plan consiste notamment au lancement d’un appel à projet de valorisation des zones humides en milieu urbanisé. (Photo : hortillonages d’Amiens – © Catherine Dauriac)
++ Pour aller plus loin ++
Le site officiel de Ramsar
Le site d’information animé par l’Onema sur EauFrance: Ce site présente les milieux humides et dresse un panorama des fonctions, des menaces et de la réglementation qui s’y applique. Il apporte également des informations sur les outils et structures compétentes pour mener des actions de préservation et de restauration.
Le site de l’observatoire national des zones humides animé par le Service Observation et statistiques de l’environnement :