Nous sommes de retour du JEC Europe Composites Show 2013, avec une belle moisson d’applications mettant en lumière les atouts des fibres de lin et de chanvre en matière de composites. Quel que soit le secteur d’application composite et son niveau d’exigence technique, l’Industrie est aujourd’hui concernée de façon croissante par des enjeux d’éco-conception et un défi accru d’allégement des pièces mécaniques. Lin et chanvre sont des renforts d’ores et déjà opérationnels pour l’amélioration de l’impact environnemental des composites et le gain de masse: faible densité des composites; résistance au choc, à la torsion, au cisaillement et à la déformation; rigidité… Mais ces deux fibres ont des *avantage supplémentaires* que leurs cousines synthétiques n’ont pas. Outre leur performance en isolation acoustique & thermique et leur biodégradabilité, elles réduisent les vibrations de façon significative.
Cette qualité n’a pas échappé à Thomas Pflieger, sellier-harnacheur depuis 15 ans, à Dun en Ariège, Pays des Pyrénées Cathares. Entre ses mains sont passées nombres de selles sur mesure, créées pour des besoins spécifiques: selles de reconstitutions historiques ou western pour les besoin du cinéma, selles spécifiques aux besoins des grands champions hippiques, commandes spéciales pour randonnées ou voltige… Chaque cavalier et chaque cheval a des besoins précis. L’arçon, âme de la selle, conditionne l’équilibre de la surface d’appui et doit être adapté au cheval et à sa mécanique. Pour soulager le dos du cheval, mais aussi celui de son cavalier, il met au point, avec l’aide d’un étudiant ostéopathe, un arçon en boisflex. Ce matériau, apporte de la flexibilité en absorbant le mouvement, mais il reprend également sa forme initiale, contrairement à l’acier qui vrille le dos du cheval. Mais cela ne suffit pas à Thomas. Il rêve d’un composite plus léger qui absorberait les vibrations de façon plus significative. Sa rencontre avec le Groupe Depestele, fournisseur du matériau composite en fibre de lin, lui a permis de réaliser son souhait. « C’était un rêve d’accéder à cette technologie », confie-t-il. « Il nous manquait le savoir LIN ! Maintenant, nous allons vers un matériau de plus en plus biosourcé ». Le composite de lin permet de réduire 30 % des vibrations. Sauf qu’ici, il n’est pas seulement question d’équitation, ni donc d’un équilibre entre les aides, mais d’éthique du sport et donc de vie.
Aujourd’hui, Thomas arrête la fabrication de selles. Il va se consacrer, en association avec sa sœur et son beau-frère, à la fabrication d’arçons sur mesure. Si 20 prototypes ont déjà été livré à des clients privilégiés, la production « prêt-à-monter » commencera en juillet de cette année. Gageons que cette belle innovation saura intéresser les Grands Faiseurs.
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