So PI, ou South Pigalle. Mon joli quartier cultive la lenteur d’un art de vivre certain, on pourrait même y vivre en autarcie. En sortant du métro Saint-Georges, la rue Henri-Monnier grimpe le long d’une petite place ombragée. Loin du triangle d’or, mais à 10 mn en bus du centre de Paris, c’est ici désormais que Madame Mode a posé ses bagages. La rue Henri-Monnier abrite les écrins de créateurs venus chercher « fortune tout autour du Chat Noir ». La toute dernière boutique en date est tenue par un tandem incontournable qui n’avait, à ce jour, toujours pas pignon sur rue.
Juin 2012, Marc le Bihan et Jean-François Mimilla s’offrent enfin une boutique parisienne pour fêter leurs 20 ans de mode. Le déclic ? « Montrer tout mon univers, et faire découvrir ce quartier populaire à mes acheteurs étrangers », nous confie Marc le Bihan. Ses collections Homme et Femme poétiques et faites-main séduisent dans le monde entier, sans point de vente à Paris. Pour expliquer la préciosité made in France et l’histoire de la collection, les pièces Atelier, du semi-mesure sous label Couture, seront exposées à part, à côté des basiques étiquetés « archives », produits en édition limitée (de 3 à 50 pièces). Avec à la clé, de sublimes idées de robes de marié(e)s. Pour les archives de sa collection, c’est par ICI. Un florilèges de tous les défilés depuis le premier en 1992.
On vient chercher ici un vestiaire rare et précieux, avec un twist rock. Toiles de coton surteint, dentelles anciennes, broderies, usures, lin bruts ou délicats, et voiles de soie arachnéennes. Une gamme entre le noir et le blanc égrainant au fil des saisons tous les tons de suie ou de perle. Avec parfois le choc d’un carmin ou d’un jaune.
Plus de 70 % de lin dans la collection, du lin précieux de chez Solbiati. Un fournisseur historique de la maison, « avec ses gammes de gris à l’infini ». Attention, les pièces sont tellement belles qu’elles entraînent une accoutumance. J’en connais qui ont craqué !
La déco ? Mobilier industriel chiné, établi de charpentier dans son jus, lampes années 30, un esprit souligné par le travail de l’artiste italienne Béatrice Carracolo. Les bijoux-mémoire de JF. Mimilla converseront avec des collections choisies chez 5 créateurs peu présents dans l’hexagone (Elsa Esturgie, les chaussures Guidi…).
A découvrir sans modération.
www.marc-lebihan.com
25 rue Henri-Monnier
75009 Paris
Ouvert Mardi-Samedi de 13h à 20H
Bus 67 ou 74
M° Saint-Georges ou Pigalle (lignes 2 ou 12)
Crédits photo
1 et 2 : Cécile Guyenne
3 et 4 : Catherine Dauriac









